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Alors que le club de bridge s’inquiète de ne plus pouvoir occuper la salle contiguë au multi-accueil « Les Bigorneaux », la municipalité tient à faire le point sur la situation. Le maire, Norbert Samama, affiche une volonté d’apaisement : « Il n’y a ni bras de fer, ni conflit, mais la simple nécessité de trouver des solutions adaptées qui pourront satisfaire tout le monde. Chacun doit trouver sa place ».

Pour Raphaël Thiollier, adjoint à la Jeunesse et aux Solidarités : « Il y a effectivement une urgence pour les services de la petite enfance et jeunesse ».

L’urgence pour les services de la petite enfance et jeunesse

Depuis plusieurs années, les services de la Caisse d’allocations familiales (CAF) et de la Protection maternelle et infantile (PMI) alertent la municipalité sur la disposition des locaux. Ce ne sont pas de simples recommandations puisqu’il est évoqué la fermeture de la micro-crèche pour manquement aux normes. Or, pour la municipalité, il est inimaginable que 10 places de garde soient perdues pour fermeture administrative.

Raphaël Thiollier rappelle l’importance de l’enjeu : « Les structures petite enfance du Pouliguen sont la première porte d’entrée vers nos écoles. C’est le parcours classique des familles. Fermer les structures petite enfance, c’est donc peut-être fermer des classes.

Sans même être alarmistes, il s’agit simplement d’offrir un service nécessaire à la population. Depuis plusieurs années, l’ensemble du territoire voit son nombre d’assistants maternels baisser (problème d’attrait du métier, coût du foncier prohibitif). Nos structures enregistrent alors davantage de demandes, mais se voient contraintes de refuser des enfants : un comble pour une commune qui cherche à attirer les jeunes familles !

Par ailleurs, si notre commune est vieillissante, je l’entends, notre devoir doit être de faire revenir des jeunes au Pouliguen. Nous mettrons tout en œuvre pour y parvenir et ne négligerons aucune opportunité. C’en est une. »

Pour l’équipe municipale, ce déménagement présente en outre des opportunités pour l’avenir, notamment des mutualisations de services et d’activités entre micro-crèche et multi-accueil. Ce fonctionnement participerait à la bonne gestion des services communaux.

Le maintien du club de bridge

Pour le maire, Norbert Samama : « Notre intention n’a jamais été d’évincer le club de bridge. Nous essayons de tenir compte des demandes de chacun tout en conciliant nos obligations légales, un fonctionnement pertinent de nos structures éducatives et nos capacités limitées de locaux communaux disponibles. Opposer les générations ou les activités n’est pas dans nos principes. Bien au contraire, nous nous efforçons d’apporter des solutions qui répondent aussi bien à l’objectif de favoriser l’accueil de familles que de préserver notre tissu associatif ».

Dès septembre, plusieurs rencontres ont été organisées avec le président du club de bridge. Ce dernier, au courant depuis longtemps de cette obligation de déménagement, et la municipalité ont travaillé à une solution commune, « dans un climat serein » précise Patrick Guéguen, délégué à la vie culturelle et artistique.

En novembre, le président, accompagné de plusieurs membres du club, en présence de l’équipe municipale, a visité le site des Korrigans et a accueilli, avec satisfaction, la proposition communale d’aménager deux salles au rez-de-chaussée d’un bâtiment existant. La municipalité prend à sa charge l’aménagement complet de ces espaces pour un coût total de 35 000 €, avec l’objectif de les livrer à fin mars.

Un plan d’aménagement a été transmis le 8 janvier en vue de recueillir l’avis du club de bridge sur l’implantation de toutes les arrivées électriques et informatiques. Si ce courriel est resté sans réponse à ce jour, le maire conclut : « Nous espérons que ces efforts et ces investissements ne seront pas vains au regard des derniers propos tenus par le club de bridge ».

L’historique des événements

En 2004, le multi-accueil « Les Bigorneaux » est inauguré. La construction comprend une salle supplémentaire car l’extension de la structure est déjà anticipée. Le tout est alors financé de façon importante par la CAF.

En 2007, l’agrandissement est encore en gestation et le maire de l’époque, Christian Canonne, autorise le club de bridge à s’installer dans cette salle de façon provisoire. L’année suivante, en 2008, la micro-crèche « Les Crevettes » est créée. Dans l’attente des élections qui ont lieu la même année, la structure prend alors temporairement ses quartiers au sein de l’accueil de loisirs « La Caravelle ».

L’équipe d’Yves Lainé est élue. Le partage des locaux par la micro-crèche et l’accueil de loisirs entraine, de fait, un fonctionnement non optimal. Les tensions naissent et montent progressivement, d’années en années. Lors de la campagne municipale de 2014, Yves Lainé, candidat à sa réélection, et l’adjointe à la jeunesse Valérie Ganthier, promettent un déplacement de la micro-crèche. L’équipe est réélue.

En 2017, la municipalité signifie au club de bridge qu’il sera amené à déménager. En 2018, les services de la CAF et de la PMI expriment à nouveau leur mécontentement jusqu’à une nouvelle mise en garde, début 2019. La fermeture de la micro-crèche pour manquement aux normes est mentionnée. La municipalité tente alors un ultime déplacement de l’accueil de loisirs vers l’école Victor Hugo, mais le projet est abandonné. Fin 2019, la municipalité fait savoir au Département, qu’étant donné la proximité des élections, la PMI devra attendre la nouvelle équipe pour décider de l’avenir de la micro-crèche. Fin juin 2020, l’équipe de Norbert Samama est élue.

À ce jour, les bridgeurs occupent la salle depuis 14 ans de façon provisoire. Les services de la micro-crèche et de l’accueil de loisirs cohabitent quant à eux depuis 13 ans.